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Fonds vautours : les actions macabres des ONG démasquées
(Libre antenne 01/10/2009)


Les manigances de Transparency international, Sherpa et Global witness, contre les dirigeants de certains pays africains semblent désormais mises à nu.

Nul ne peut comprendre que des associations qui n’ont d’autre légitimité que celle qu’elles se sont délibérément donnée, se donnent le toupet de poursuivre des Chefs d’Etat élus démocratiquement, en s’arrogeant un droit d’ingérence dans les affaires d’Etat. Le numéro 1924 du magazine français le Point, explique dans un article intitulé « 3 ONG en eaux troubles », le mode opératoire de ces ONG aux intérêts confus et qui utilisent l’art de la manipulation et de la ruse pour s’attaquer non pas seulement aux Chefs d’Etat, mais aux intérêts des peuples des pays concernés. Le Congo, La Guinée Equatoriale et le Gabon figurent parmi les pays mis à mal par ce business des « fonds vautours », comme l’explique bien l’enquête de ce magazine. Une véritable escroquerie sur des économies déjà malades de la lourde dette des Etats.

«Une décision historique», s’est targué Daniel Lebègue, le président de Transparency International-France, lorsque début mai : Françoise Desset, doyenne des juges d’instruction du pôle financier de Paris, a jugé recevable la plainte de cette ONG (organisation non gouvernementale) visant trois chefs d’Etat africains (Omar Bongo, Gabon; Sassou-Nguesso, Congo; Teodoro Obiang, Guinée équatoriale) pour «détournements de fonds publics ». Quelques jours plus tard, le parquet a fait appel de cette décision devant la chambre d’accusation, à qui reviendra le dernier mot. En 2007, déjà, le parquet de Paris avait classé sans suite une première plainte. Mais Transparency, qui revendique une sorte de monopole mondial de la moralité, ne désarme pas.

Avec une poignée d’autres ONG, dont Sherpa, basée à Paris, et Global Witness, siégeant à Londres, Transparency alimente depuis trois ans la polémique sur cette affaire dite des « biens mal acquis ». Ces associations qui n’ont d’autre légitimité que celle qu’elles se sont donnée revendiquent un droit d’ingérence dans les affaires des Etats comme des entreprises, au nom de la défense des droits de l’homme et de la démocratie. Ensemble, elles ont fait irruption sur la scène de la diplomatie de la «Françafrique ».

Mais qui sont les véritables commanditaires de ces chevaliers blancs de la lutte contre la corruption? Quand, dans l’affaire des « biens mal acquis», les dirigeants de trois pays (Gabon, Congo et Guinée équatoriale) sont mis en cause, n’est-ce pas la France, particulièrement bien implantée dans cette région aux considérables réserves minières et pétrolières, qui risque d’en faire les frais? Des associations s’auto légitiment et revendiquent un droit d’ingérence dans les affaires des Etats comme des entreprises au nom de la défense des droits de l’homme et de la démocratie Sherpa est présidé par un avocat du barreau de Paris, le bouillonnant William Bourdon, connu pour être un ardent défenseur des droits de l’homme.

Au sein de son conseil d’administration siège Mireille Delmas-Marty, professeur au Collège de France. Et parmi les sponsors figure aussi la fondation France Libertés de... Danielle Mitterrand. A première vue, la vitrine de Sherpa présente donc plutôt bien. Mais ce vernis très patriotique ne résiste pas à un examen plus poussé. Ainsi, Me Bourdon est également connu pour avoir été le défenseur de William Lee, un avocat américain qui avait été temporairement expulsé de France par Charles Pasqua (ministre de l’Intérieur) pour avoir prêté la main à une tentative de déstabilisation de Matra-Hachette, le groupe de Jean-Luc Lagardère.

Plus surprenant pour un défenseur des droits de l’homme, William Bourdon s’est encore illustré dans la défense de plusieurs dignitaires du régime libyen, dont « Hannibal », le fils du colonel Kadhafi, et Moussa Koussa, le chef des services de renseignements extérieurs, devenu par la suite ministre des Affaires étrangères de la Libye.
Parmi les mécènes de Sherpa, dont l’objectif déclaré est la lutte contre « les excès de la mondialisation», on trouve entre autres des anglo-saxons au premier rang desquels le Sigrid Rausing Trust. Coïncidence ? Ancré à Londres et lié à des fondations américaines, le Sigrid Rausing Trust dénonce régulièrement le rôle de la France dans le génocide du Rwanda.

Intérêts confus. Mais le plus important contributeur de Sherpa inscrit dans son rapport d’activité est l’Open Society Institute. Derrière cette fondation se cache George Soros, le milliardaire américain d’origine hongroise, très célèbre spéculateur, l’homme qui un jour a failli faire sauter la banque d’Angleterre en jouant sur la livre sterling. Repenti, il prétend aujourd’hui consacrer son argent à la défense des droits de l’homme. A travers l’Open Society, il organise cependant un véritable combat pour l’émergence d’une sorte de gouvernance mondiale, opposée aux classiques souverainetés nationales.

Etrangement, en 2002 il avait trouvé un allié politique de poids en la personne de Tony Blair, le Premier ministre britannique de l’époque, pour lancer l’Initiative relative à la transparence des industries extractives. Une démarche visant à contraindre les nations riches en pétrole, gaz et autres métaux stratégiques à déclarer leurs recettes. Et à mieux les contrôler. Soros et son Open Society déploient désormais leurs activités dans plus de trente pays, particulièrement en Europe de l’Est et en Afrique. Investisseur du groupe américain Carlyle, un important fournisseur du Pentagone, Soros a été aussi très proche de la famille Bush avant de se rallier à Obama. C’est avec cette organisation aux intérêts parfois confus mais très proaméricains que collabore l’ONG française Sherpa, une des têtes de pont de l’offensive des «biens mal acquis ».

Sherpa compte aussi parmi ses donateurs Global Witness, puissante ONG internationale née sur les rives de la Tamise. Global Witness est à l’origine du déclenchement de l’affaire des «biens mal acquis». Tout commence par une sordide affaire de gros sous. Et un mariage secret et contre nature entre cette 0NG et un « fonds vautour » américain. Logé aux îles Cayman, celui-ci, Kensington International, rachète une dette du Congo Brazzaville de 32 millions de dollars pour 1,5 million. Une bouchée de pain. Après diverses procédures judiciaires et une fois ajoutés les intérêts, Kensington va réclamer alors sans ambages un remboursement de... 300 millions de dollars au président Sassou Nguesso ! En d’autres termes, la dette du Congo a été multipliée par 10 en un tournemain.
« C’est la pression des fonds vautours qui finit par obliger des pays comme le Congo à créer des sociétés écrans pour échapper à leurs griffes»

Les « fonds vautours » sont coutumiers du fait. Fonds d’investissement spéculatifs, ils tirent leur surnom de cyniques et détestables pratiques, mais toutefois légales, du moins aux yeux de la législation américaine, qui va, par exemple, autoriser Kensington à saisir les cargaisons et les recettes pétrolières congolaises présentes sur le sol américain pour se rembourser. Le Congo n’aura pas d’autre solution que de cesser toute exportation vers les Etats-Unis.

Mais une deuxième plainte sera déposée par Kensington devant une cour londonienne, accusant la société nationale qui commercialise le pétrole du Congo d’avoir cherché à détourner des revenus.
«En réalité, commente sous couvert d’anonymat un fonctionnaire du FMI en poste à Washington, c’est la pression des fonds vautours qui finit par obliger des pays comme le Congo à créer des sociétés écrans pour échapper à leurs griffes ».

Un trader new-yorkais œuvrant dans le pétrole estime, lui, qu’il n’y a pas d’issue pour le Congo et les victimes des fonds vautours: «Kensington emploiera tous les moyens juridiques imaginables et, s’il le faut, des armées d’avocats à travers toute la planète pour obtenir gain de cause. A terme, les concessions des puits de pétrole sont enjeu! Le droit international sera impitoyable. D’autant plus que ce sont les Etats-Unis qui en fixent les nouvelles normes à travers les organismes internationaux, sur lesquels d’autres ONG à leur solde font pression».

Manipulation. Sûr de son bon droit, donc, mais désireux d’accélérer le cours des événements en faisant pression sur les opinions publiques, Kensington va jouer simultanément une autre partie, médiatique celle-là, en rendant public un relevé de carte de crédit appartenant à un membre de la famille du président congolais. Et c’est à ce stade que réapparaît Global Witness. l’ONG va produire la copie de ce document sur son site. Sarah Wykes, à l’époque chargée de l’opération au sein de l’ONG, a aujourd’hui quitté cette organisation. Les cadres actuels n’ont pas voulu nous donner d’explication sur son départ. Une chose est sûre: bien qu’elle l’ait nié face aux caméras de France 24, Sarah Wykes a reconnu devant la justice londonienne que le fameux document reproduisant un relevé d’achats effectués par le fils du président Sassou-Nguesso lui avait bel et bien été fourni par Kensington. En même temps qu’il avait été envoyé à la presse. La preuve, pour les adversaires de Global Witness, de la manipulation de l’ONG par le fonds vautour.

En remontant le fil des réseaux, des filiales, des administrateurs et dirigeants de Kensington, un cabinet privé de lobbying révèle dans un rapport confidentiel que nous avons pu consulter, d’autres attaches, bien plus politiques, de ces soi-disant « pourfendeurs de corruption ». Kensington International est lui-même une filiale à 40 % d’Elliott, un hedge fund siégeant à New-York mais domicilié lui aussi aux îles Cayman. Son patron et fondateur n’est autre que Paul Singer, un des plus importants donateurs du Parti républicain, familier de Donald Rumsfeld, l’ex-secrétaire américain à la Défense et financier de la dernière campagne de George W. Bush. Sur la carte de ses relations personnelles dessinée par l’ordinateur, on trouve par ailleurs Rudolph Giuliani, ancien maire républicain de New-York. Paul Singer est enfin donateur de la division Recherche de la Rand Corporation, dont un de ses amis, Frank Carlucci, ancien directeur adjoint de la CIA, est administrateur.

Monopole mondial de la moralité. La morale de cette histoire est que, dans le combat des «biens mal acquis », les ONG font de plus en plus figure de faux nez aux intérêts très éloignés des objectifs affichés.
«Dans le combat des biens mal acquis», les ONG font de plus en plus figure de faux nez aux intérêts très éloignés des objectifs affichés Dès 2003, dans un rapport au Premier ministre intitulé «Intelligence économique, compétitivité et cohésion sociale», Bernard Carayon, député UMP du Tarn et inventeur du baromètre de la transparence des ONG, avertissait les pouvoirs publics du danger: «La France a sous-estimé le poids de ces nouveaux acteurs du jeu international (les ONG), leur capacité à s’ériger en concurrents directs des Etats et des organisations internationales. » Et de citer l’exemple de Transparencv International exerçant « un magistère moral exclusif sur l’éthique des affaires internationales, distribuant ou retirant les bons points aux Etats à partir de critères subjectifs assumés comme tels». Transparency fait aujourd’hui office de leader, avec Sherpa et Global Witness, dans l’affaire des «biens mal acquis ».

La France, semble-t-il, tarde à prendre la mesure de ce phénomène ONG. Il ne faut pas s’étonner si elle en devient victime quand se mettent en place des opérations de déstabilisation comme celles menées, au nom de la démocratie, dans les pays du golfe de Guinée. Dans ce cas précis, «on peut parler d’alliances objectives pour faire tomber le Congo Brazzaville », tranche abruptement Pablo Nakhlé, ex-jeune directeur de Prometheus, la fondation de Bernard Carayon qui publie le fameux baromètre des ONG. Saura-t-il faire passer le message dans les hautes sphères du cabinet de Christine Lagarde, où il vient d’être promu?

L’affaire des « biens mal acquis » le démontre, il y a urgence pour la France à adopter une stratégie nettement plus offensive en matière d’ONG. L’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche est peut-être l’occasion unique pour tenter d’infléchir et d’assainir les règles du jeu internationales. De rénover, enfin, les bases de la coopération entre pays riches et pays en développement.

Département de la Communication et des Relations
Publiques de la Présidence de la République

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