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Présidentielles 2è tour: L'ORGANISATION S'AMELIORE, LA PARTICIPATION SE TASSE (L'Essor 13/05/2002)
COMMUNE I : PEU DE SOUCIS, ASSEZ PEU DE VOTANTS
Toutes les difficultés matérielles ont été aplanies. Mais les citoyens sont arrivés au compte-gouttes
Les votes du second tour de l'élection présidentielle se sont passés dans des conditions nettement plus favorables en Commune I du district de Bamako. Que ce soit du point de vue de l'organisation matérielle, de la maîtrise de la situation des agents électoraux ou de la gestion des difficultés avec les électeurs, la situation s'est présentée sous un jour nettement meilleur.
Ainsi dans les bureaux que nous avons visités sur les 185 que compte la commune, le vote a pu commencer à l'heure officielle d'ouverture. Ce qui n'était pas le cas le 28 avril dernier qui avait vu s'accumuler une cohorte de problèmes matériels, notamment l'absence d'encre indélébile et de bulletins de certains candidats. Hier, tout était en place et les quatre assesseurs réglementaires par bureau étaient partout présents. Certains présidents avaient même fait donner un coup de balai bienvenu aux locaux. il est vrai que tous les responsables défaillants avaient été relevés et des coordinateurs avaient été nommés au niveau de tous les centres.
A Banconi, où des difficultés majeures avaient été signalées avec les bureaux de votes improvisés, il a été décidé de supprimer ceux de Banconi Flabougou et du centre secondaire d'Etat civil (17 au total) pour les amener au groupe scolaire du Plateau en plus des 12 bureaux que comptait déjà ce centre. Présent sur les lieux depuis 6 heures, le coordinateur Issa N'Golo Coulibaly a passé une bonne heure à s'assurer que le matériel était au complet et que les quatre assesseurs étaient présents par bureau. A 8 heures, le vote a pu commencer dans tous les bureaux du centre. Pas de problème d'encre indélébile pour retarder les choses.
Sans pièce d'identité - Par contre, l'affluence était nettement moindre que celle relevée le 28 avril. Les présidents que nous avons interrogés déploraient le fait et espéraient une très problématique évolution de la situation en cours de journée. Mais cet espoir était des plus fragiles devant des attroupements maigrelets. Les présidents de bureau ont eu, bien sûr, à faire face à des difficultés avec des électeurs ne disposant pas de pièces d'identité. Mais là aussi, les querelles étaient beaucoup moins chaudes concernant les témoignages.
A Boulkassoumbougou, au bureau 19, le jeune électeur Amaguiré a eu du mal pour convaincre le président Moussa Sidi de le laisser voter. Le prénom qu'il avait sur sa carte d'identité n'était pas conforme à celui de sa carte d'électeur. Mais après vérification de sa filiation, il a été autorisé à pénétrer dans l'isoloir.
A Doumanzana, au bureau 109, un autre jeune électeur s'était présenté sans pièce d'identité et avec deux témoins, visiblement des complices. Il échoua au test consistant à décliner sa filiation. Se disant élève de 9è année, il fut incapable d'indiquer le nom de son père, qu'il prétendait avoir perdu dès son jeune âge. Le président du bureau Moussa Koïta liquida la situation en menaçant l'intéressé de faire appel aux forces de sécurité. Immédiatement, l'apprenti fraudeur disparut sans demander son reste, accompagné de ses faux témoins. Le président de bureau saisit alors l'occasion pour demander aux assesseurs d'être plus vigilants, car c'est en fin de journée que les fraudeurs sont plus tentés de tester la vigilance des agents électoraux.
A l'école de Djélibougou, au bureau 43, il y avait un problème d'une autre nature et pas des moindres, la disparition des cartes non retirées et qui auraient dû être déposées dans le bureau pour les éventuelles réclamations. La consigne fut alors donnée au président de ne laisser voter que ceux dont la carte était cachetée attestant de leur participation au premier tour, ou ceux qui pouvaient présenter une pièce d'identité. Ceci pour empêcher toute tentative d'utiliser des cartes d'autres personnes de façon frauduleuse. En milieu d'après-midi, le président était soulagé de n'avoir rencontré aucun cas de tentative de fraude.
Dans tous les centres que nous avons visités, les constats des présidents de bureau de vote étaient les mêmes. Peu de problèmes matériels, peu de difficultés avec les électeurs, mais aussi peu d'affluence. Les bureaux les pus fréquentés ont vu le passage des votants brutalement chuter à la mi-journée. On s'attend donc à un taux de participation encore plus faible qu'au premier tour, où il avait été d'un peu plus de 35 %.
COMMUNE II : LE RECOURS AU CORDON DE SÉCURITÉ
Pour éviter des envahissements de bureaux par des perturbateurs, on n'a pas hésité à solliciter le concours des forces de sécurité
L'affluence n'était guère au rendez-vous hier dans les 12 centres retenus en Commune II pour le second tour des présidentielles. Par contre, et paradoxalement, le cordon de sécurité avait été renforcé dans certains quartiers pour combattre les fraudeurs et décourager les éventuels perturbateurs. C'est le cas à l'école de Médina-Coura où Cheick Tidiane Tall, coordinateur de ce centre de vote, a lui-même demandé aux éléments des forces de l'ordre de filtrer les entrées dès le grand portail. Ce système a permis d'assurer une certaine fluidité dans les bureaux de vote.
L'intervention des forces de l'ordre a également permis d'éviter les attroupements intempestifs. Mais cette fermeté s'est accompagnée d'une certaine nervosité. On a par exemple failli assister à un rixe entre un policier et un citoyen qui orientait la presse vers le coordinateur du centre. Les porteurs d'uniformes voulaient expulser illico presto l'électeur de la cour, où il était restait trop longtemps à leur goût. Les esprits se sont finalement apaisés grâce à l'intervention des agents électoraux et de certains citoyens.
Pour avoir accès à l'école de la République, il fallait présenter soit la carte d'électeur, soit la carte d'identité. Dans le centre de vote de Missira, les porteurs d'uniformes se montraient extrêmement regardants sur le cas de jeunes gens détenant une carte d'électeur ou accompagnant leurs parents ou proches.
L'ouverture du scrutin a connu un léger retard dans certains centres de vote, comme à Médina-Coura où à Bozola, là où les présidents des bureaux de vote initiaux ont été remplacés par des personnes ayant suivi Une formation à la veille du scrutin. Dans d'autres bureaux, ce sont des problèmes plus prosaïques qui sont à l'origine des retards. A Bozola et à Niaréla, des présidents de bureaux ont attendu pendant près d'une heure pour recevoir les cadenas qui leur permettaient de sécuriser les urnes. Pendant ce temps, les groupuscules d'électeurs s'impatientaient devant leurs bureaux de vote, pressés d'accomplir leur devoir civique pour vaguer à leurs préoccupations quotidiennes.
A Niaréla, le président du bureau de vote n°94 s'est heurté à la réticence de cinq électeurs qui voulaient voter sans cartes d'identité, ni témoins. Il faut dire que malgré la formation reçue, tous les agents n'étaient pas préparés à gérer les situations litigieuses qui se présentaient à eux. Ainsi, les agents électoraux de certains bureaux de vote de Quinzambougou se renseignaient auprès des spécialistes sur l'utilisation des procurations et le vote par témoignage. Au centre de vote de la Zone industrielle, les responsables étaient confrontés à la présence de deux représentants de l'administration qui répondaient tous au nom de Yacouba Coulibaly. Le choix a été porté sur l'assesseur qui a suivi une formation à la veille du scrutin.
A Bougouba, un jeune électeur a été victime de son analphabétisme. Après avoir voté, il a été surpris dans la cour avec le bulletin d'un candidat. Ce jeune a été sauvé pour avoir pu convaincre ceux qui l'avaient interpellé de sa réelle "naïveté".
Dans les bureaux de vote, les cartes d'électeurs non distribuées étaient à la disposition des présidents. Leur retrait se faisait néanmoins au compte-gouttes. Dans les bureaux de vote n°109 de TSF, il y avait 330 cartes d'électeurs non retirées au moment de notre passage. Dans le bureau de vote n°103 de Niaréla, le chiffre atteint 333. Cependant on a assisté à une dizaine de retraits de ces précieux documents dans le bureau de vote n°94 de Niaréla qui en possédait 255.
COMMUNE III : ORGANISATION À LA HAUSSE, AFFLUENCE À LA BAISSE
Tout le monde s'y est mis pour que les choses aillent mieux. Mais les électeurs se sont fait désirer
En Commune III, le premier constat et le plus patent est le faible taux de participation dans la majorité des 104 bureaux de vote que se partagent les 63.540 électeurs inscrits. Si l'appel à la mobilisation lancé par les autorités n'a pas été suivi du moins jusqu'en début d'après-midi hier, par contre les autres consignes furent respectées. Aucun électeur n'arborait de badge, de tee-shirt, de pagne ou de casquette à l'effigie de son candidat. Aucune ouverture tardive au point d'affecter le processus n'était à signaler et dans les bureaux de vote régnait une fluidité totale.
Les quelques lacunes relevées avaient surtout trait à l'absence des scotchs ou de colle pour afficher certaines listes, mais elles furent vite maîtrisées. dans l'ensemble, l'organisation matérielle fut nettement meilleure que celle du 28 avril dernier. Les présidents des bureaux de vote, portés absents pendant le premier tour, avaient été tous remplacés.
Le premier point de chute de notre équipe de reportage fut le Premier ministre Modibo Kéita et son épouse accomplirent leur devoir civique, 7 minutes seulement après le démarrage des opérations. Le chef du gouvernement fut le quatrième votant dans ce bureau 89 où sont inscrits 600 électeurs. On dénombre toutefois 289 cartes d'électeurs non enlevées et selon le coordinateur dudit centre Modibo Tabouré, les trois bureaux du centre totalisent près de 600 cartes non enlevées et qui n'ont fait d'aucune demande de retrait.
Un grand jour - Pour le Premier ministre, le second tour s'enrichit des enseignements tirés du premier tour qui fut quelque peu laborieux "C'est pourquoi je voudrai ici saluer l'esprit de grande responsabilité de l'ensemble des acteurs politiques, de la société civile, de tous les organismes qui ont été impliqués dans le processus électoral", renchérit le chef du gouvernement. C'est aussi ici dans ce centre qu'une demi-douzaine de ses ministres (Tiécoura Doumbia, Makan Moussa Sissoko, Bakari Koné, Abdoulaye Poudiougou, Pascal Baba Coulibaly, Soumeylou Boubèye Maïga) ont accompli leur devoir civique. L'un des candidats finalistes Soumaïla Cissé figurait parmi les votants.
Se présentant aux environs de 11 heures, le candidat de l'Adema PASJ, après avoir remercié ceux qui avaient voté pour lui, a souhaité que les électeurs accomplissent massivement leur devoir civique, car il s'agit de voter pour la République, pour la démocratie et contre les coups bas, la trahison et les alliances contre nature inspirés, selon lui, de l'extérieur. Soumaïla Cissé prononça des propos amers, car il a dit ne pas comprendre qu'à ce niveau de responsabilité devant l'histoire, on assiste à des revirements à 180 degrés.
Il était 9 heures 30 minutes lorsque le président de la République et son épouse franchissaient le seuil du groupe scolaire de Koulouba pour déposer leurs bulletins dans l'urne au bureau 34. Dans ce centre, étaient inscrits 3.455 électeurs répartis entre 5 bureaux. "Aujourd'hui, c'est un grand jour", a déclaré le président Konaré à sa sortie qui a souhaité que les élections se déroulent dans la paix, la sérénité, l'entente comme ce fut le cas il y a 15 jours.
Alpha Oumar Konaré a souligné qu'une meilleure organisation produit infailliblement des élections propres et transparentes conformément à l'esprit républicain et aux exigences de l'Etat de droit. Il s'est dit convaincu que toute la classe politique malienne aidera dans ce sens afin de permettre au deuxième président de l'ère démocratique malienne de démarrer dans les meilleures conditions de stabilité, de paix. "Mon vœu le plus ardent est que tout se passe bien et que nous ayons un président qui comprenne le Mali, respecte le Mali et les Malien (ne) s, leur histoire, leur présent et leur futur", a-t-il conclu.
Un point sombre de taille - A Samé, l'affluence était modeste et sur les 1.703 électeurs inscrits dans les trois bureaux, on comptait 348 cartes non enlevées. Ici, règne un calme absolu. Idem pour le centre du groupe scolaire Amadou Ly du Badialan I où nous avions coïncidé avec le vote de l'ancien Premier ministre Mandé Sidibé. Ce centre avait connu des sérieux problèmes lors du premier tour avec le non fonctionnement du bureau 47. Cette fois-ci, le 47, tout comme les cinq autres, démarra les opérations à l'heure avec un nouveau président de bureau Mahamadou Djiré. Ce dernier avait dirigé le 28 avril dernier l'un des bureaux du centre de Bamako-coura.
Seul point sombre, mais il était de taille, comme le constatait Djiré, l'affluence était morose. Mandé Sidibé, qui accomplissait au bureau 46 son devoir civique, se montrait lui aussi déçu par la faible affluence des électeurs. Exception à la règle, le centre de N'Tomikorobougou avec ses 12 bureaux de vote a connu lors de la matinée d'hier une affluence au-dessus de la moyenne. Ils étaient des dizaines d'électeurs à débarquer dans des Sotrama louées par les candidats afin d'accomplir leur devoir. Le rang le plus important s'est constitué devant le bureau 9 dirigé par Mamadou G. N'Diaye où devaient normalement voter 700 électeurs, mais 302 cartes non enlevées encombraient encore la table.
Cela n'empêchait pas les électrices présentes de se montrer euphoriques. "Je suis contente de voter. Car je n'avais pas pu le faire le 28 avril dernier pour cause de maladie. Je ne vote pas blanc, je ne vote pas nul. J'ai voté pour un homme que j'espère crédible, compétent, rigoureux et modeste. Il va changer le Mali et surtout nous trouver des emplois pour nous, jeunes diplômés en chômage" lâchait Henriette Diarra, comptable de formation. Sa sœur Pauline d'ajouter "Je vote, car je suis née pour le Mali, je vis pour le Mali et je mourrais pour le Mali". Un enthousiasme réjouissant.
Dans la dizaine des centres visités hier jusqu'en début d'après-midi, l'organisation fut de loin meilleure que celle du premier tour. Les chefs de centre et les coordinateurs, nous assuré le Haut commissaire du district, étaient en liaison directe avec les autorités municipales pour parer aux éventuelles difficultés qui pourraient surgir. Malheureusement cette organisation améliorée a souvent tourné à vide, car c'était les électeurs qui faisaient le plus défaut.
COMMUNE IV : UN MIEUX NOTABLE ET DES PROBLÈMES RÉCURRENTS
De véritables efforts ont amélioré l'organisation matérielle du vote sans pouvoir régler la question des cartes d'électeurs et d'identité
Lors du 1er tour, la commune IV avait été l'une des communes qui avait étalé le plus d'anomalies. Comme l'avaient promis les organisateurs du scrutin, presque toutes ces insuffisances ont été corrigées hier. Il n'y a rien eu pratiquement à reprocher à l'organisation matérielle. La plupart des bureaux de vote ont ouvert à l'heure indiquée. Même si quelques uns ont accusé de légers retards. Cela essentiellement à cause de la gestion des assesseurs. Ceux-ci étaient souvent en surnombre, le même candidat se retrouvant avec plusieurs assesseurs alors que la loi autorise un assesseur par candidat. Dans d'autres cas, on s'est trouvé confronté à la situation inverse : un des candidats n'avait pas d'assesseur. Selon un observateur de la CENI que nous avons rencontré au centre de vote installé au groupe scolaire Aminata Diop de Lafiabougou, une trentaine de bureaux de vote où il manquait les assesseurs de l'un ou de l'autre candidat, ont été recensés.
Par contre aucun président de vote ne manquait à l'appel comme cela avait été le cas lors du tour précédent. Au contraire, les responsables des bureaux ont fait preuve d'une remarquable ponctualité. "J'étais depuis 6 heures 45. Nous avons nettoyé et arrangé la salle, et installé le matériel. Le vote pouvait même commencer avant 8 heures", assure Amadou Tamboura du bureau n° 85 du centre Aminata Diop.
Comme convenu, le reliquat des cartes d'électeurs non retirées était disposé dans les bureaux de vote. Mais elles s'enlevaient au compte-gouttes comme par exemple au bureau 163 de Taliko où au moment où nous passions en milieu de journée, sur 282 cartes, seules une demi-douzaine avaient trouvé preneur.
L'orientation des électeurs étaient beaucoup facile, tous ceux qui avaient voté au 1er tour connaissaient déjà le bureau sur lequel se diriger. "La machine est en train de se roder, a estimé Boubacar Koné le coordinateur du centre de Hamdallaye-Plateau. A ce rythme, je pense qu'on aura une organisation parfaite lors des législatives". Évidemment, avec deux candidats (contre 24 au 1er tour) la fluidité du vote était assurée.
En revanche, le problème de la pièce d'identité nécessaire pour voter est revenu. Comme la fois dernière, certains électeurs qui avaient leurs cartes mais ne possédant pas de pièce d'identité étaient obligés de faire appel à deux témoins. Parfois, ces témoins n'étaient pas inscrits sur la même liste qu'eux. Si, il y a 15 jours on avait souvent assisté à un certain laxisme de la part des présidents de bureau, ceux-ci se sont montrés cette fois-ci intransigeants. Quant aux électeurs qui n'avaient pas de cartes, mais avaient leurs noms sur la liste et possédaient une pièce d'identité, les fortunes étaient diverses, au gré des approches des responsables de bureaux. Si certains ont pu voter après vérification de la conformité des renseignements sur leur pièce d'identité et sur la feuille d'émargement, d'autres ont été déboutés. Comme ce responsable de parti qui a exigé l'anonymat. N'ayant pas pu retrouver sa carte comme lors du tour précédent, il s'était présenté à son bureau de vote à Aminata Diop muni de sa carte d'identité. Pour le président du bureau, il ne pouvait pas voter. "Je ne comprends pas. Avec ce même président, dans le même bureau, j'avais voté dans les mêmes conditions la fois dernière" constata-t-il. Finalement après l'intervention du coordinateur du centre, il a pu accomplir son devoir civique. Trois autres électeurs qui avaient été déboutés pour les mêmes raisons profiteront de cette brèche pour voter.
Par ailleurs, on a assisté aux mêmes tentatives de fraude constatées lors du 1er tour. C'est ainsi qu'à Sébénikoro cinq personnes ont été arrêtées pour tentative de fraude et faux témoignages. A Taliko, deux fraudeurs ont eu plus de chance et se sont échappés avant l'intervention des forces de l'ordre qui, il faut le dire, se sont montrées moins discrètes cette fois-ci. A Sébénikoro, elles procédaient systématiquement à des contrôles d'identité à l'entrée de la cour de l'école et même à l'intérieur. Une situation qui a été dénoncée par certains présidents de bureau. Mais le chef du centre a argué de la "pagaille" pour justifier ces contrôles.
Ce qui a surtout marqué hier en C IV, c'est l'affluence. "La fluidité du vote n'explique pas à elle seule l'absence d'attroupement" estime ce militant de "Espoir 2002", qui a quand même voté conformément aux consignes de son parti. Selon lui, l'élimination de Ibrahim Boubacar Kéita au 1er tour a découragé beaucoup de Bamakois. Sans compter le fait que beaucoup d'électeurs pensaient que la victoire était assurée pour ATT. Mais cela est une autre histoire sur laquelle on aura largement le temps de revenir.
COMMUNE V : DES ACCUSATIONS D'ACHAT DE VOTE
Dans une atmosphère assez morne, la tension est venue des présomptions de corruption d'électeurs
Les craintes, quant à une faible participation des électeurs de la commune V au scrutin du 12 mai pour le deuxième tour de l'élection du président de la République s'avéraient largement justifiées hier jusqu'en début d'après-midi. La commune s'était caractérisée avant le premier tour par une faiblesse notoire dans le retrait des cartes d'électeurs. Elle s'était légèrement reprise le jour du scrutin avec un taux de participation de 28,98 %. Mais hier le soufflé paraissait bien retombé. Les neuf centres de vote n'ont guère été submergés par un flot de votants, bien au contraire.
Pourtant, les bonnes leçons avaient été tirées au niveau de l'organisation matérielle. Toutes les dispositions avaient été prises pour que l'ensemble les bureaux de vote de la commune V soient opérationnels à 8 heures précises. Dans certains bureaux, les présidents montraient ostensiblement les lampes tempêtes qui serviront à éclairer les opérations de dépouillement.
Mais si l'effort était net et méritoire au niveau des présidents, le problème récurrent lié à la ponctualité de certains assesseurs est resté posé. Dans certains cas comme au centre de vote de Kalaban coura, des présidents n'ont pas hésité à remplacer des assesseurs absents par des électeurs choisis dans la file des votants contre toutes les dispositions légales. Les embrouilles nées des interprétations très personnelles des conditions de vote ont d'ailleurs continué à se multiplier. Ainsi a-t-on permis à des électeurs munis d'une fiche jaune et dépourvus de toute pièce d'identité d'accomplir leur devoir civique.
La formation déficiente de nombreux assesseurs et présidents de bureau de vote était patente dans de nombreux cas. Il n'était pas rare de voir des présidents, comme dans un des deux centres de Daoudabogou accepter que des électeurs votent munis seulement d'une carte d'électeur. Dans certains bureaux de vote comme à Kalaban-Coura, des électeurs arboraient impunément des gadgets à l'effigie de leur candidat.
À coups de 5000 francs - Cependant le fait le plus singulier qui ait retenu de manière positive l'attention des observateur, c'est la quasi disparition des procurations. Tous les présidents de bureau de vote que nous avons interrogés de Badalabougou au Quartier Mali en passant par Sabalibougou et Garantiguibougou affirment n'avoir pas eu à gérer ce genre de vote. Mais à l'inverse, le fameux achat de vote qui a été une rengaine largement entonnée au premier tour sans qu'aucun fait ne vienne l'appuyer, a cette fois-ci donné lieu à des incidents dans des centres de vote comme au Quartier Mali et au centre Mamadou Goundo Simaga de Badala-Sema. Une sérieuse altercation a opposé deux groupes de partisans, les premiers accusant les seconds de suborner les votants à coup de billets de 5 000 FCFA. Au moment où notre équipe de reportage partait des lieux, l'incident s'était momentanément estompé.
Par contre, les choses sont allées plus fort au centre Mamadou Goundo Simaga de Badalabougou où un conseiller municipal partisan de l'un des candidat a été ouvertement accusé par le camp adverse de corruption d'électeurs. Le suspect a été immédiatement interpellé et conduit au poste de police de Badalabougou où une enquête a été ouverte. Les partisans du conseiller incriminé sont venus s'enquérir du sort réservé à leur homme et une brève échauffourée a éclaté entre elles et les forces de l'ordre qui avaient entrepris de vider du centre les partisans des deux camps. Finalement, la sagesse a prévalu du côté des agents de sécurité qui renoncèrent à leur décision de décongestionner les lieux. Un bref conciliabule entre les trois parties a permis de désamorcer la tension. Mais soulignons que ces incidents n'ont pas influé sur le déroulement du vote qui s'est poursuivi calmement dans la discipline et la sérénité dans tous les bureaux du centre.
C'est cette même sérénité et ce calme qui ont caractérisé le vote à Bacodjicoroni et Garantibougou, où seule la très faible affluence était à déplorer. A la mi-journée, les électeurs avaient brusquement tari. Le président du bureau N°8 de la SEMA 1 se souvenait qu'au premier tour à 10 heures du matin déjà il pouvait entrevoir dans l'urne placée devant lui plus d'une centaine d'enveloppes. Hier, à la même heure, le contenu de l'urne n'excédait guère la trentaine d'enveloppes. C'est la preuve, selon lui, que de nombreux citoyens se donnent congé dès qu'ils estiment les choses jouées. Il restait cependant un (mince) espoir de voir un contingent de votants venir faire remonter le taux des suffrages vers le soir.
Mais ces "renforts de dernière minute" sont plus évoqués pour la forme que réellement espérés. Peu après midi, dans nombre de bureaux de vote, assesseurs, délégués et présidents se tournaient déjà les pouces déjà la mi-journée ; ou tuaient le temps en évoquant ces drôles d'électeurs qui peuplent la Commune V.
COMMUNE VI : DE FORTS CONTRASTES SAUF DANS L'AFFLUENCE
Dans des bureaux de vote qui ont démarré dans des conditions assez diverses, la participation s'est tassée
La Commune VI n'a pas su tirer toutes les leçons du premier tour des présidentielles. Des six centres que notre équipe de reportage a visités, seulement trois ont connu un démarrage rapide des opérations de vote : Sénou, Faladiè et Banankabougou. Dans ces trois quartiers, les bureaux de vote ont ouvert tôt le matin et les opérations proprement dites ont démarré à 8 heures.
Présidents et assesseurs étaient au poste bien avant le début des opérations, savaient ce qu'ils devaient faire et le firent dans une ambiance détendue. L'unique incident dont nous avons eu connaissance s'est déroulé à Sénou-village où le conducteur d'une grosse cylindrée donnait de l'argent à tout votant qui lui présentait le bulletin "non plissé" de l'adversaire de son candidat. Une dame manqua d'être lynchée par ses propres amis politiques pour avoir été appréhendée avec le bulletin qu'elle était censée avoir mis dans l'urne. L'intervention des forces de l'ordre permis de lui sauver la mise.
Magnambougou et Niamakoro ont, eux, dérogé à leur réputation de quartiers engagés politiquement. Jusqu'à midi, l'affluence y était timide. L'absence de présidents, d'assesseurs et de délégués dans certains bureaux a joué dans la désaffection. A l'école de Magnambougou projet, les opérations de vote ont démarré dans des conditions assez diverses. Des bureaux ouverts à l'heure, n'avaient jusqu'à 10h enregistré aucun vote. C'est le cas du bureau n° 84 où le personnel était quasi inexistant. Seuls le président et les électeurs étaient présents à l'ouverture du bureau. Au bureau n° 5, les électeurs ont refusé de voter parce que l'urne n'était pas cadenassée. A la place du cadenas dont le support était cassé, l'urne était fermée avec du scotch.
Si certains de ces problèmes ont trouvé solution grâce à la bonne volonté et à la détermination de responsables, d'autres par contre sont restés pendants jusqu'à la mi-journée. A Niamakoro, les problème se sont multipliés. Les assesseurs de Soumaïla Cissé se sont illustrés par leur quasi absence dans tout le centre. Les suppléants envoyés par l'Adema n'avaient pas de mandat. Pour justifier leur présence, ils présentèrent, en tout et pour tout, une liste manuscrite ne comportant même pas de cachet. Les délégués de Soumaïla Cissé brillaient également par leur absence. La seule erreur imputable à la mairie est le retard pris dans le dépôt des fiches d'émargement dans certains bureaux.
Le problème de la fiche jaune que l'on pensait évacué a refait surface au centre de Niamakoro où des électeurs ont failli en découdre avec le président de leur bureau de vote. Tandis que pas mal d'électeurs cherchaient encore à accomplir leur devoir civique rien qu'avec la fiche jaune, le taux d'enlèvement des cartes non distribuées restait timide au guichet de retrait de ces précieux documents. L'octogénaire Yiritiè Koné résuma parfaitement la situation à sa façon : "ceux qui n'en ont pas se défoncent à mourir, ceux qui en ont restent à la maison". Lui même n'ayant pas retrouvé son document parmi les 418 cartes d'électeurs en souffrance, Yiritiè Koné s'est finalement résolu à rentrer à la maison la mort dans l'âme.
L'atmosphère était plus détendue à Sogoniko même si les électeurs affichaient une égale détermination à accomplir leur devoir civique. Les transporteurs qui avaient fait affaire avec staffs lors du 1er tour ont rallié très tôt le groupe scolaire de Sogoniko devenu de facto, un lieu de rendez-vous entre staffs de campagne et conducteurs de Sotrama. Une fois les modalités de la location fixées, les minibus s'élancèrent à travers le quartier.
Les premiers électeurs débarquèrent des véhicules à 7h30. Le premier électeur vota à 8h au bureau n° 16. Toutes les dispositions étaient prises pour que le vote se déroule normalement et le démarrage aurait été impeccable au centre de Sogoniko, si certains assesseurs n'avaient pris du retard, reculant d'autant l'heure d'ouverture des bureaux où ils étaient affectés.
Dans l'ensemble des bureaux visités, l'affluence était moyenne à la mi-journée.
A. LAM, B.M. SISSOKO, S. BADIAGA, S. TOGOLA, B. COULIBALY, S. DOUMBIA
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La ... | | - | TRANSFERTS D’ARGENT VERS L’AFRIQUE: Ça coûte de plus en plus cher (Sud Quotidien 21/11/2009) Aux engagements des chefs d’Etat et de gouvernement en juillet 2009 de réduire les coûts des ... | | - | CAN 2010: Voici les groupes et le calendrier (France2 21/11/2009) En Angola, les coéquipiers de Didier Drogba devront se sortir d'un groupe B où le Ghana ... | | - | Sahara : D’étonnants crocodiles (Le Pays BHM 20/11/2009) Des fossiles de cinq espèces de crocodiles jusque-là inconnues, ayant vécu il y a cent millions ... | | - | La LIJAF dénonce les ingérences étrangères en Tunisie (Xinhuanet 20/11/2009) TUNIS -- La Ligue internationale des journalistes pour l'Afrique (LIJAF) a dénoncé, l'ingérence ... | | - | Le Maroc accueille la 2ème édition du Forum MEDays (Xinhuanet 20/11/2009) RABAT -- La 2ème édition du Forum MEDays s'est ouverte, jeudi matin à Tanger, au nord du Maroc, ... | | - | Co-développement: Bientôt une banque euro-arabe dédiée au projet Euromed (Le Matin 20/11/2009) Le Forum du sud pour une Méditerranée nouvelle (Medays) a ouvert ses travaux, hier à Tanger, ... | | - | Les relations Afrique-Chine sont exemplaires pour la coopération Sud-Sud (COMMENTAIRE) (Xinhuanet 20/11/2009) FREETOWN-- Les relations entre pays en développement, souvent désignées sous le nom de ... | | - | Union parlementaire africaine: à crise mondiale, solution mondiale (L'Observateur Paalga 20/11/2009) Après ce qu’il est convenu d’appeler la répétition générale qu’est la 55e session du comité ... | | - | Présentation à Bangui des stratégies nationales de développement du tourisme des Etats membres de la CEMAC (Agence Centrafrique Presse 20/11/2009) Les stratégies nationales de développement du tourisme des Etats membres de la CEMAC ont été ... | | - | État de la population mondiale 2009: L’INFLUENCE MULTIFORME DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES (L'Essor 20/11/2009) Le bureau du fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a rendu public mercredi dernier ... | | - | L’Afrique abrite un milliards d’habitants (VOA News 20/11/2009) Le Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population fait savoir que ... | | - | Tous les articles panafricains | | |
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