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Des capitaux à portée de main (Le Mali.fr 29/08/2007)
Il est rapide et efficace. Ses seules contraintes sont la solvabilité et la transparence dans la gestion.
Il ressort de notre entretien avec le directeur intérimaire de la Société de gestion et d’intermédiation du Mali (SGI-Mali), Makan Macalou que le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se porte à merveille. En neuf ans d’existence, la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan (BRVM) et ses filiales ont mobilisé 1 088 milliards de Fcfa. Après le pilotage de l’emprunt obligataire lancé en 2004 au profit de la Banque nationale de développement agricole et celui de la Banque de l’Habitat, la SGI-Mali vient de boucler 2 autres emprunts obligataires lancés au profit de la Société d’équipement du Mali (SEMA-SA) et la Société Sampana SA ont levé des ressources nécessaires au financement de leurs opérations d’investissement.
Elle a piloté et arrangé les deux emprunts obligataires cette année. Le premier par appel public à l’épargne au profit de la SEMA-SA pour un montant de 5 milliards de Fcfa. Le second est un placement privé au bénéfice de la Société Sampana SA pour un montant de 3 milliards. Au total, 8 milliards de Fcfa mobilisés au profit des deux entreprises, remboursables en 5 ans (2007-2012) pour la première et quatre ans (2007-2011) pour la seconde. Avec un taux d’intérêt respectif de 6,85% et 7%. Une moisson plus qu’alléchante. Cette importante ressource, la doyenne des sociétés immobilières de notre pays a réalisé 406 logements sociaux au profit de l’Office malien de l’habitat qui a acheté l’ensemble des maisons. Les clés de ces maisons ont été remises aux sans toits par le chef de l’État Amadou Toumani Touré. C’était au début du mois de juillet dernier, sur le site des logements à Yirimadjo.
Comme on le dit, l’appétit vient en mangeant. Après la SEMA-SA, c’est au tour de la Société Sampana SA, de solliciter le concours de la SGI pour l’aider à mobiliser les ressources nécessaires au financement de son projet d’extension. Il s’agit de l’acquisition de 20 camions citernes, d’une capacité de 60 000 litres chacun, la construction de douze nouvelles stations de distribution de carburant dont 2 à Bamako, le reste dans les régions et la régulation de 2 dépôts de 1000 m3 à Bamako et à Koutiala. Les trois projets coûteront à l’entreprise un peu plus de 3,5 milliards de Fcfa. La SGI-Mali a ainsi mobilisé au profit de cette compagnie, 3 milliards de Fcfa, remboursables en 4 ans (2007-2011). Le taux d’intérêt est de 7%.
Rappelons que ces deux opérations font suite à celles organisées en 2004 par la SGI et l’antenne nationale de la BRVM à Bamako au profit de la BNDA et de la BHM. Le chef de service trésorerie et des opérations internationales, à la BNDA, Alousseyne Sanou, a expliqué les expériences de son institution qui a levé 3,5 milliards de Fcfa en 2004, remboursables en cinq ans, pour financer ses activités. Le financement boursier offre plus davantage que celui d’une banque, a-t-il soutenu. D’abord le taux oscille de 13 à 15% dans les banques contre 6,5% au maximum à la bourse.
Par ailleurs, la mobilisation des fonds est rapide et efficace, a commenté Sanou. La levée de fonds à la bourse, a-t-il ajouté, offre une opportunité aux entreprises de se faire connaître à travers les marchés financiers (une forme de publicité). Toutefois, il convient de noter que la cotation à la bourse obéit à un certain nombre de règles, à l’occurrence, la transparence. Les sociétés dont les valeurs sont inscrites à la bourse sont tenues de publier régulièrement leurs états financiers et d’informer leurs actionnaires et le public sur tous les faits nouveaux ayant une incidence sur les cours.
A la différence des emprunts obligataires par appel public à l’épargne, le placement privé est beaucoup moins contraignant. Il convient mieux à nos entreprises, qui souffrent des difficultés de financement par les institutions financières classiques. L’on ne cessera jamais de vanter les vertus financières du marché financier, a expliqué Makan Macalou. Selon lui, celui-ci constitue un vivier de capitaux en mouvement qui ne cherche que des “preneurs” (des investisseurs). C’est une alternative au financement bancaire. Il est rapide et efficace, a-t-il commenté. Les seules contraintes, et c’est de bonne guerre, car il s’agit de sauvegarder les intérêts des actionnaires, sont la solvabilité et la transparence dans la gestion de l’entreprise.
La SGI-SA, selon son administrateur intérimaire, ambitionne de développer une politique de promotion auprès des entreprises privées pour leur permettre de s’approprier des services du marché financier. Elle n’entend pas s’arrêter là. Elle envisage de faire connaître ses services aux grandes places boursières de Londres, Paris, New York et Tokyo en vue d’attirer plus de capitaux à travers le monde, comme c’est le cas au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Est-il besoin de signaler que des centaines de milliards de dollars circulent au dessus de nos têtes tous les jours ?
A. O. Diallo
L'Essor n°16022 du 29 août 2007
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