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L'immigration illégale de Libye au menu des ministres européens (L'Express 02/06/2005)
La coopération entre l'Union européenne et la Libye en matière d'immigration illégale sera à l'ordre du jour du Conseil des ministres européens de la Justice et des Affaires intérieures qui se réunira jeudi à Luxembourg.
Selon un communiqué officiel transmis mercredi à la PANA à Bruxelles, les ministres examineront les conditions en matière de droits de l'Homme et de respect de la Convention de Genève sur les réfugiés avant de décider de lancer les programmes de coopération avec la Libye sur l'immigration illégale.
Selon les fonctionnaires européens, la Suède exige l'application stricte des conditions, sachant que la Libye n'a pas signé la Convention de Genève sur les réfugiés. Par contre les pays européens par lesquels arrivent les migrants clandestins, comme l'Italie et Malte, se montrent beaucoup plus souples sur l'application desdites conditions.
Les ministres vont notamment examiner les possibilités de lancer des programmes de formation de gardes-frontière et de négocier des accords opérationnels contre l'immigration illégale.
On rappelle qu'Amnesty International avait mis en garde l'Union européenne contre les expulsions en groupe des migrants clandestins par l'Italie.
Selon des rapports officiels, près de deux millions de migrants clandestins venus notamment d'Afrique subsaharienne séjournent en Libye en attente d'une opportunité pour monter dans des embarcations de fortune et gagner ainsi l'Europe après avoir traversé la Méditerranée, au péril de leur vie.
A noter que la Libye n'exige pas de visas aux Africains arrivant sur son territoire, ce qui explique la présence d'un si grand nombre de clandestins subsahariens dans ce pays.
Tripoli a commandé à l'Italie des équipements spéciaux, notamment des vedettes rapides, des avions et des lunettes à infrarouge pour pouvoir renforcer le contrôle le long de sa frontière maritime longue de plus de 2.000 kilomètres.
L'Italie attend le feu vert de l'Union européenne pour pouvoir livrer ces équipements qui sont assimilés à du matériel militaire. Les pays de l'Union européenne ayant levé l'embargo sur les armes contre la Libye après que ce pays a signé des accords pour l'indemnisation des familles des victimes des attentats contre un avion de l'UTA au-dessus de Lockerbie et contre une discothèque à Berlin, le matériel commandé devrait pouvoir être livré.
Une mission de la Commission européenne s'est rendue fin 2004 à Tripoli pour établir un rapport et des recommandations afin d'autoriser la livraison du matériel, commandé pour lutter contre l'immigration clandestine.PANAPRESS
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