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OMVS: Complot contre le Mali (Le Républicain (ml) 03/11/2009)
Les deux premiers bateaux baptisés le «Bafing» et le «Bakoye», du nom des deux cours d’eau qui convergent pour former le fleuve Sénégal à Bafoulabé présentés le 27 novembre dernier aux présidents Amadou Toumani Touré du Mali, Me Abdoulaye Wade du Sénégal et le Général Mohamed Ould Abdel Aziz de la République Islamique de Mauritanie ainsi qu’au Premier ministre de la République de Guinée, Kabiné Komara étaient tout sauf la première flotte d’une supposée navigabilité du fleuve Sénégal, de Saint-Louis au Sénégal à Kayes au Mali.
Ces deux petits bateaux de quatre places qui sont venus de la Hollande pour les besoins de la cause ne servent en réalité qu’à mesurer la qualité de l’eau c’est-à-dire voir si l’eau de la mer ou du fleuve n’a pas été polluée par les huiles déversées par les paquebots, navires entres autres.
Cette révélation nous a été faite par un haut cadre malien faisant partie du staff de l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Selon ce dernier très remonté d’ailleurs, la présentation de ces deux premiers bateaux constitue à ses yeux un soupoudrage, une véritable mise en scène de l’actuel Haut Commissaire, le Mauritanien, Mohamel Salem Ould Merzoug. Comment peut-on en effet parler de navigabilité du fleuve Sénégal, de Saint-Louis au Sénégal à Kayes au Mali sans au préalable creuser d’abord le fleuve ? S’interrogea le cadre malien.
C’est pratiquement impossible et d’ailleurs cela a été prouvé en 1968 du temps de l’OERS (l’ancêtre direct de l’OMVS) dira-t-il. Une fameuse navigation d’essai au Belnabée a été organisée en 1968 par l’organisation des Etats Riverains du Sénégal (OERS), la Snie (Société nationale d’import-export) du Sénégal, la SOMIEX (Société malienne d’imports et exports) aidée par la Socopao, société transitaire. Ce bateau fluviomaritime, parti de Dakar le 28 août 1968 à 19 h 30 mn, avait atteint péniblement la ville de Kayes le 6 septembre 1968 à 9 heures, en échouant entre temps sur le seuil de Diakandapé, situé sur le tronçon rocheux Ambidédi Kayes.
Quarante ans après, l’histoire risque de se répéter encore. La seule différence est que cette année la présentation des deux premiers bateaux baptisés le «Bafing» et le «Bakoye» qui a suscité beaucoup d’espoirs à Kayes et toutes les localités traversée par le fleuve Sénégal n’était en fait qu’une simple simulation, une supercherie tendant à amadouer les Maliens.
Selon les dernières nouvelles, les deux bateaux auraient déjà quitté Kayes pour rejoindre leur base.
Les raisons
Pourquoi le Haut Commissaire de l’OMVS, Mohamed Salem Ould Merzoug a osé se jouer de la sorte des hautes autorités du Mali ? Selon le haut cadre malien de l’OMVS qui a voulu garder l’anonymat la réponse est simple : Mohamed Salem Ould Merzoug avait promis aux autorités maliennes de réaliser le projet de navigabilité du fleuve Sénégal, une des ambitions majeures de l’OMVS à sa création et un rêve pour les Maliens au cas où le Mali accepterait de lui céder le poste de Haut Commissaire qui devait lui revenir de droit pour ce mandat de 4 ans. Faut-il rappeler que selon une tradition bien établie au sein de l’OMVS, le siège étant à Dakar, le poste de Haut Commissaire et de secrétaire général sont alternativement occupés par le Mali et la Mauritanie.
Après la fin du mandat de 4 ans de Mohamed Salem Ould Merzoug en 2007, le poste de Haut Commissaire devrait donc revenir au Mali. Mais vu le marché qui avait été proposé par le Haut Commissaire de l’OMVS, le Mauritanien Mohamed Salem Ould Merzoug en fin de mandat à l’époque, notre pays accepta de renoncer à son mandat. Un marché de dupe qui tarde à se concrétiser. Selon notre source, deux ans après la conclusion de ce pacte, la navigabilité du fleuve Sénégal tarde à se réaliser. Aucun mètre du fleuve n’a encore été creusé et cela à cause de la mauvaise foi manifeste de l’actuel Haut Commissaire. Au même moment, au Sénégal et en Mauritanie, la navigation sur le fleuve Sénégal a déjà pris le départ.
Toutes choses qui provoquent la colère des cadres maliens travaillant à l’OMVS. Si cette situation est gérée politiquement entre les responsables des pays membres de l’OMVS, les cadres maliens eux, ont décidé de rompre le silence en condamnant tout de go ce qui se passe dans les instances de direction de l’OMVS. Mais comme un malheur ne vient jamais seul, le retour de la Guinée dans la maison OMVS constitue une réelle menace pour l’actuel Haut Commissaire qui tient à rester encore. Le Sénégal aussi ayant mesuré tout l’enjeu de ce retour de la Guinée commence à être de plus en plus exigeant envers Mohamed Salem Ould Merzoug.
Face à cette situation devenue très complexe, ce dernier a compris qu’il fallait encore chercher le soutien des maliens. Un soutien qui passe nécessairement par la concrétisation de la navigabilité du fleuve Sénégal. Et la simulation de la première flotte à travers le «Bafing» et le «Bakoye» est un coup de maître qui a failli réussir.
Birama Fall
Envoyé spécial à Kayes
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