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Libye/Suisse - Affaire Kadhafi : Pressions pour refuser les visas aux Libyens (Le Temps.ch 03/11/2009)
La commission de politique extérieure du National durcit le ton.
«Nous avons voulu taper un peu du poing sur la table, tout en respectant la stratégie du Conseil fédéral.» Voilà comment Luc Barthassat (PDC/GE) résume la décision de la Commission de politique extérieure (CPE) du National sur l’affaire libyenne. Réunie lundi à Baden, la commission a accepté, par 15 voix contre 7 et 3 absentions, une motion de Mario Fehr (PS/ZH) demandant au Conseil fédéral de ne plus accorder de visas aux Libyens, «dans le respect des règles en vigueur».
Elle a en revanche refusé d’exiger la rupture de relations diplomatiques avec Tripoli, comme le voulait Ulrich Schlüer (UDC/ZH). Le président de la CPE, Geri Müller (Verts/AG), a également, lors d’un court point presse, annoncé le dépôt d’une plainte contre inconnu en raison d’une fuite dans les médias. Un rapport du Conseil fédéral sur la Libye censé rester confidentiel a été publié dimanche dans Sonntag.
Amnesty intervient
Durcir le ton en matière de visas? Concrètement, la Suisse peut s’opposer à l’octroi de visas Schengen aux ressortissants libyens, même si la demande a été déposée dans un autre pays membre de l’Espace, en faisant usage de son droit de veto. Le Conseil fédéral a d’ailleurs déjà pris des mesures en ce sens. Le 17 septembre, une demande de visa Schengen déposée auprès des autorités françaises par Saif-al-Islam Kadhafi, un fils du colonel, a été bloquée par la Suisse, révèle par exemple le rapport confidentiel publié dans la presse dominicale. Berne peut donc empêcher la délivrance de visas Schengen, mais les Etats concernés, s’ils sont sollicités par des Libyens, garderaient en revanche la liberté de délivrer des visas nationaux.
Luc Barthassat est convaincu de l’efficacité d’une telle mesure. «Non seulement les Libyens ne seraient plus acceptés en Suisse, mais en plus, si Berne fait valoir son droit de veto, ils ne pourraient plus circuler librement en Europe. Et on sait que les Libyens sont très sensibles sur ces questions-là…» commente-t-il. Le démocrate-chrétien ne pense pas qu’une telle motion puisse nuire aux efforts du Conseil fédéral pour obtenir la libération des deux otages suisses. La CPE des Etats a, elle, préféré jouer dans le registre de la discrétion et de la prudence. Le 23 octobre, elle a décidé… de ne rien décider.
Lundi, Amnesty International est aussi sortie du bois. Son secrétariat international de Londres a envoyé une lettre aux autorités libyennes. Amnesty exige que le lieu de détention des deux hommes d’affaires suisses soit révélé et qu’ils aient accès à un avocat, à une aide médicale et à l’ambassade de Suisse à Tripoli. Et surtout qu’ils puissent à nouveau entrer en contact avec leur famille.
Valérie de Graffenried
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