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Les mercenaires Simon Mann et Nick Du Toit amnistiés (Le Monde 03/11/2009)
Les mercenaires britannique et sud-africain, Simon Mann et Nick Du Toit, condamnés à 34 ans de prison pour un coup d'Etat raté en 2004, ont été graciés par le président équato-guinéen Teodoro Obiang qui donne des gages d'ouverture du pays devenu 3e producteur de pétrole subsaharien.
Quatre autres mercenaires, Sergio Fernando Patricio Cardoso, Jose Passocas Domingos et Georges Olympic Núñez Alerson, sont également graciés, selon la présidence.
Selon un décret du 2 novembre lu à la radio nationale mardi, il est accordé "l'amnistie totale pour des raison humanitaires au condamné Simon Francis Mann" après avoir "constaté son état de santé". Simon Mann, qui était apparu amaigri au cours de son procès en juin 2008, avait été notamment opéré d'une hernie discale en novembre de la même année.
Le décret souligne que M. Mann "a besoin d'un traitement médical régulier auprès de sa famille" mais aussi qu'il a "montré" des signes "suffisamment crédibles de repentance et de volonté de réinsertion sociale".
"Fondamentalement, les motifs sont humanitaires", a affirmé à l'AFP par téléphone depuis Libreville Miguel Oyono, un conseiller de la présidence. "Mais, la Guinée voulait aussi montrer à la communauté internationale qu'elle ne voulait pas seulement punir. Nous avons démontré (lors du procès) que l'activité du mercenariat doit être stoppée, que tout cela (la tentative de coup) avait bien eu lieu mais nous avons aussi démontré que nous pouvons être cléments".
M. Oyono a aussi souligné que cette mesure survenait alors que le président Obiang doit recevoir le président sud-africain Jacob Zuma en fin de journée. Il est possible que Nick Du Toit soit remis aux Sud-Africains.
De source diplomatique, on souligne qu'il s'agit d'une mesure "humanitaire et de clémence", mais aussi "un signe pour la communauté internationale en période pré-électorale (avant le scutin présentiel du 29 novembre)".
"Avec le pétrole et une certaine richesse, de nombreux observateurs étrangers sont arrivés. La Guinée n'avait pas bien accepté le rapport Nowak: faire preuve d'humanité dans ce cas-là peut changer son image", a précisé à l'AFP cette source. En 2008, le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture Manfred Nowak avait estimé que le recours à la torture était "systématique" en Guinée.
Simon Mann, ancien officier des troupes spéciales Britanniques SAS, avait été arrêté avec 61 autres mercenaires présumés, en mars 2004 à l'aéroport de Harare où il s'était arrêté pour prendre livraison d'armes avant de rejoindre à Malabo une équipe dirigée par Nick Du Toit. Mann avait été extradé début 2008 du Zimbabwe vers Malabo.
Les deux procès, celui de Mann en juin 2008, et celui de Nick Du Toit et ses acolytes en 2004, avait été fortement médiatisés par les autorités grâce à une certaine mise en scène.
Les deux hommes avaient plaidé coupable. Simon Mann, qui avait assuré être bien traité, avait notamment déclaré: "Je m'excuse de ce qui s'est passé et je suis content que cela (le coup) ne se soit pas produit".
Il avait aussi mis en cause ouvertement Mark Thatcher, fils de l'ancien Premier ministre britannique Margaret Thatcher, comme "partie intégrante du groupe".
Deux des principaux magistrats ayant officié lors du procès Mann ont été promus en mars 2009.
Teodoro Obiang Nguema dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer depuis un coup d'Etat en 1979, à l'issue duquel il a fait fusiller le président Francisco Macias Nguema, son oncle.
L'ancien colonie espagnole est devenue le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne mais l'essentiel de son million d'habitants continue à vivre dans la plus extrême pauvreté.
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