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L'UE pose un ultimatum au Niger (Le Monde 06/11/2009)
L'Union européenne a donné un mois aux autorités nigériennes pour ouvrir des "consultations" avec elle, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à la suspension totale de la coopération, apprend-on, vendredi 6 novembre.
Dans une lettre conjointe adressée mardi au président Mamadou Tandja, dont l'AFP a pris connaissance, José Manuel Barroso pour la Commission européenne et Carl Bildt au nom de la présidence suédoise de l'UE ont exprimé leur "profonde préoccupation" face à la situation politique au Niger et demandé "un retour à l'ordre constitutionnel dans les meilleurs délais".
Qualifiant de "violation de la Constitution" le référendum du 4 août, grâce auquel M. Tandja a obtenu une rallonge de trois ans au pouvoir après dix ans à la tête du pays, l'UE a décidé de recourir à l'article 96 des accords de Cotonou, qui traite du non-respect des critères démocratiques et de défense des droits de l'homme. Cet article 96 de l'accord signé en 2000 entre l'UE et les pays Afrique/Caraïbes/Pacifique prévoit en dernier ressort, en cas d'échec des quatre mois de discussions prévues, la possibilité d'une suspension de la coopération communautaire.
CACOPHONIE À LA FRONTIÈRE AVEC LE NIGERIA
L'UE avait déjà suspendu une aide budgétaire de 180 millions au Niger pour protester contre le référendum du 4 août. Sans préjuger du résultat des prochaines discussions, Bruxelles a décidé et annoncé des "mesures conservatoires" concernant ses actions de coopération au Niger. Le dixième Fonds européen de développement pour le Niger se monte à environ 450 millions d'euros. Le 20 octobre, Niamey avait organisé des législatives controversées et boycottées par l'opposition, qui avait entraîné sa suspension de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour violation des textes communautaires sur la démocratie.
Jeudi, des informations contradictoire sont parvenues sur un blocage de la frontière entre le Niger et le Nigeria. A la mi-journée, un responsable des douanes affirmait sur RFI : "La frontière n'est pas complètement fermée. Nous avons reçu l'instruction lundi, directement de la présidence de la République.
Il s'agit des sanctions économiques imposées dans le cadre de la Cédéao, et nous, nous appliquons ces sanctions contre la République du Niger." Plus tard dans la journée, l'ambassadeur du Nigeria à Niamey assurait, au cours d'une conférence de presse commune avec la ministre des affaires étrangères nigérienne, que "le gouvernement n'a jamais ordonné la fermeture de la frontière. Nous avons des relations parfaitement normales avec la République du Niger. Il n'y a absolument aucun problème qui puisse justifier la fermeture de la frontière", avait-il ajouté.
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