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Diéma et Nioro du Sahel: LES RéCOLTES SONT PROMETTEUSES
(L'Essor 04/11/2009)


Malgré le déficit pluviométrique enregistré en début de campagne et quelques attaques d’insectes, les champs sont au stade de maturation.

Le ministre de l’Agriculture Agatam Ag Alhassane s’est rendu la semaine dernière (du 21 au 23 octobre) dans les cercles de Diéma et de Nioro du Sahel. L’objet de la visite était de s’enquérir de l’état des récoltes dans les champs et de la situation des déprédateurs dans la bande sahélienne. On se rappelle, il y a une quinzaine de jours que la présence des criquets pèlerins était annoncée en territoire mauritanien.

Des dispositions ont été prises par le Centre national de lutte contre le criquet pèlerin (CNLCP) pour surveiller la bande sahélienne et circonscrire en cas de besoin le péril acridien.
Le premier champ visité a été celui de Mamadou Koïta du village de Siranguedou situé à une dizaine de kilomètres de Diéma. Ce paysan a cultivé 18 hectares de mil, 27 hectares de sorgho, 2 hectares de niébé, 2,75 hectares de riz nerica qu’il avait déjà récolté et 12 hectares d’arachide. Il faut rappeler que la délégation ministérielle était passée au mois d’août sur les champs de ce paysan.

Mais à l’époque ses parcelles souffraient d’un déficit hydrique important qui n’a pas manqué d’affecter les rendements. Néanmoins, Mamadou Koïta reste optimiste.
Ses champs présentent un bon aspect végétatif qui laisse augurer de bonnes récoltes. La délégation lui a procuré quelques conseils pratiques et l’a exhorté à suivre les recommandations de l’encadrement pour ces différentes cultures.
De Diéma, la délégation a mis le cap sur Nioro du Sahel, où le lendemain elle s’est rendue sur le champ de mil et de sorgho du vieux Moussa Touré. La délégation a été impressionnée par les gros épis de mil semé sur 3,5 hectares. La variété a attiré l’attention des chercheurs et des spécialistes qui ont demandé au paysan de leur réserver quelques échantillons pour analyse en laboratoire. Moussa Touré a également semé sur 11 hectares la variété locale de sorgho appelée « Gadiaba ». Cette variété qui profite de l’humidité ambiante, arrive à maturation à la faveur de la rosée quotidienne. Il a cultivé aussi du niébé, de l’arachide et de l’oseille de Guinée avec laquelle il a fait une haie vive pour ses champs.
Le paysan Moussa Touré a assuré disposer de seulement 3 charrues, 3 ânes et un cheval pour tout équipement agricole pour labourer et entretenir ses champs. Ses champs sont insuffisamment fertilisés (manque d’engrais minéraux et de fumure organique). La délégation lui a prodigué des conseils pour la suite des travaux champêtres.
La parcelle de niébé de 6,8 hectares de l’ancien expatrié de Côte d’Ivoire Oumar Diallo de Nioro du Sahel, a également reçu la visite de la délégation ministérielle. Ce dernier s’est plaint des attaques des insectes notamment les sautériaux et les cantharides sur son champ de niébé. Les traitements insecticides effectués n’ont pas pu circonscrire les dégâts, a-t-il indiqué. Néanmoins, le jeune paysan a commencé à récolter les fanes de niébé qu’il espère vendre pour subvenir à ses besoins. S’adressant au ministre, il a souhaité que le gouvernement initie une opération « Initiative niébé » à l’image des subventions accordées à d’autres productions agricoles comme le riz, le maïs, le coton et le blé.
Le niébé représente pour les habitants de la bande sahélienne une source importante de revenus et de protéines. En effet, la légumineuse occupe une place importante dans les habitudes culinaires des ménages des Sarakolés, car elle est présente dans toutes les sauces accompagnant le couscous qui est quotidiennement consommé.
La délégation a souhaité que d’autres jeunes de la zone prennent exemple sur lui pour tourner le dos à l’immigration qui n’est pas sans risques. Le ministre s’est réjoui du fait que le jeune expatrié puisse tirer l’essentiel de ses revenus de ses champs.
Faisant le point de sa tournée dans les cercles de Diéma et de Nioro du Sahel, le ministre Ag Alhassane a indiqué que « l’espoir est permis et les champs augurent de bonnes récoltes cette année».
«Je me réjouis particulièrement de la production de riz pluvial notamment le riz nerica dans la bande sahélienne». « Ma satisfaction est aussi d’autant plus grande qu’aucune présence de criquet pèlerin n’a été signalée ni par les populations, ni par les agents du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin (CNLCP) qui patrouillent dans toute la bande frontalière avec la Mauritanie. » a assuré le ministre Ag Alhassane. Avant d’ajouter qu’il appelle les populations à une plus grande vigilance.
M. COULIBALY


Yélimané : LES PAYSANS à l’école vietnamienne

Les variétés vietnamiennes produisent 7 tonnes à l’hectare contre 3,5 tonnes pour le riz pluvial nérica
Après Nioro du Sahel, la délégation du ministre de l'Agriculture, Agatam Ag Alhassane, s'est rendue jeudi dernier à Yélimané. Dans l'après midi, le ministre a remis un lot d'équipements agricoles d'une valeur de 8 millions Fcfa à l'association des femmes "Djiguiyaso" de Yélimané qui exploite un périmètre maraîcher d'un hectare. Les outils agricoles ont été remis symboliquement par le ministre Agatam Ag Alhassane à Bassa Soucko, présidente de l’Association des femmes de Yélimané.
Ces équipements agricoles sont offerts par le Projet d’intensification agricole par la maîtrise de l’eau dans le Sahel occidental financé conjointement par la FAO et le Vénézuela. Le don est composé de divers équipements dont des brouettes, arrosoirs, pelles, râteaux etc.
La bénéficiaire, la présidente Bassa Soucko, a remercié, au nom de son groupement, le projet donateur représenté par son coordinateur régional, Mamadou Konaté. Ce dernier a expliqué que le projet a aménagé le périmètre maraîcher et réalisé quatre puits à grand diamètre. Ces sources permanente d'eau assurent aux femmes l' exploitation de leur champ pendant la période sèche.
L’objectif du projet est l’amélioration de la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté. Il intervient dans 9 villages du cercle de Yélimané, 3 villages de celui de Nioro du Sahel et un village du cercle de Diéma. La remise des équipements à l’association des femmes de Yélimané s’inscrit dans la suite logique des dons offerts par le projet dont le montant global atteint 129,2 millions Fcfa. Le projet intervient également dans la réalisation des bas fonds et plaines. Il a aménagé un bas fonds de 100 hectares et une plaine de 550 hectares pour le cercle de Yélimané. Les paysans de Nioro du Sahel disposent de 3 bas fonds de 60 hectares. Les agronomes ont aménagé un bas fonds de 20 hectares dans le cercle de Diéma.
Enfin le Projet d’intensification agricole par la maîtrise de l’eau dans le Sahel occidental intervient dans l’élevage par la mise à disposition des unités de volaille, d’ovins et caprins aux associations féminines des trois cercles. Une unité d’élevage est composée de 11 sujets. Faites vous une idée de l'étendue de l'investissement dans le développement à la base consenti par le projet. Ce sont 26 unités de volaille, 29 d’ovins et 24 de caprins qui ont été réparties entre les bénéficiaires des cercles de Nioro, Diéma, Yélimané. Le ministre Ag Alhassane a remercié le donateur. Il a souhaité que les nombreux dons et appuis puissent servir à la promotion des femmes des cercles concernés. Il a exhorté les bénéficiaires à tirer avantage des appuis effectués en leur faveur.

PAYSAN AVEUGLE PRODUCTIF. Après le périmètre maraîcher des femmes, le ministre s'est rendu sur les parcelles d'expérimentation du riz nerica et des variétés vietnamiennes à Gory. Ce village situé à 25 kilomètres de Yélimané conduit les expérimentations de la coopération vietnamienne dans le cadre du Projet d’appui au développement durable du cercle de Yélimané (PADDY).
Là, la coopération vietnamienne mène pour la troisième campagne consécutive des expérimentations sur deux variétés locales et trois variétés vietnamiennes de riz. Les villageois qui suivent ses expérimentations ont assuré que les variétés vietnamiennes qui produisent 7 tonnes à l'hectare sont plus productives que les locales qui donnent 3,5 tonnes à l'hectare pour le riz pluvial nerica.
Les habitants sont séduits par les performances de la culture du riz Nerica. Ils souhaitent sa vulgarisation rapide sur une grande échelle. Le chef de village de Gory, Hamédy Doucouré a souhaité la réalisation d'un ouvrage de retenue d'eau dans la plaine pour assurer la promotion du riz nerica.
Au village de Haya, situé à 4 kilomètres de Gory, le paysan expatrié et aveugle Cheick Oumar Dramé a reçu la délégation ministérielle dans son champ de sorgho. "Je dispose de 20 tonnes de céréales dans mon grenier. Ce stock est le fruit de ma récolte de l’année dernière. Cette année, j’attends une récolte de près de 28 tonnes de céréales (sorgho et mil). Je suis autosuffisant en mil, maïs. Mais j'achète le riz", a révélé le paysan aveugle Cheick Oumar Dramé. Cet agriculteur particulier a séjourné 2 ans en France, est devenu paysan à la faveur de son retour au bercail. Il s’est installé dans la culture de la terre qui lui réussit visiblement bien. Cette année, il a cultivé 5 hectares de maïs, 25 hectares de sorgho, 2 hectares de niébé et la même superficie pour l'arachide. Cette année, il attend près de 28 tonnes de céréales.
Cependant la famille Dramé qui compte une quarantaine de membres ne dispose que d'un équipement agricole primaire: une charrette, trois charrues, deux paires de bœufs de labour. Le ministre a encouragé le perspicace Cheick Oumar Dramé et l'a félicité pour ses efforts inlassables pour assurer la sécurité alimentaire dans son village.
En route pour Bamako, la délégation a marqué un arrêt dans un champ de niébé qui est au stade de levée feuilles. Le propriétaire de cette parcelle pratique ici une culture de décrue. Selon Moussa Camara, directeur national adjoint de l'Agriculture, il y a deux types de saisons (la saison des pluies et la contre-saison). Pendant la contre-saison interviennent les cultures maraîchères et le riz. A cela, il faut ajouter les cultures de décrue qui sont possibles dans les plaines inondées. Les plantes profitent de l'humidité ambiante pour boucler leur cycle végétatif. Toutefois, les plantes sont exposées à la divagation des animaux et aux attaques des déprédateurs (oiseaux granivores et insectes).
La visite de terrain du ministre, Ag Alhassane, présage d'une bonne campagne de récolte pour les paysans de Nioro, Diéma, Yélimané.

M. C.

***

Nigeria : LE FLEUVE NIGER
"REDIMENSIONNé" POUR LA NAVIGATION

Le Nigeria, qui sous-exploite depuis des années le potentiel du fleuve Niger, s'est enfin lancé dans son dragage, un chantier colossal et coûteux visant à améliorer les conditions de navigation et stimuler le commerce sur ses rives.
Troisième fleuve d'Afrique après le Nil et le Congo, le Niger, qui traverse quatre pays, finit sa course au Nigeria en se jetant dans l'Atlantique. Retardée depuis des décennies, notamment en raison de l'opposition des populations riveraines qui redoutaient un bouleversement de leur quotidien, l'extraction des limons a démarré le mois dernier. L'opération, effectuée sur 572 kilomètres du fleuve, entre le centre du Nigeria et le delta du Niger (sud), doit aboutir mi-2010.
A Lokoja, où le Niger est rejoint par le fleuve Benue, son plus long affluent, dragueurs, péniches et autres machines tournent à plein régime, 24 heures sur 24. Quatre entreprises, dont la néerlandaise Van Oord, ont été retenues pour effectuer cet aménagement qui consiste à augmenter la profondeur du Niger pour permettre à de plus importants navires de passer et à renforcer ses rives où seront construits sept ports. Il est prévu que le cours d'eau atteigne 2,5 mètres de profondeur, pour une largeur à la surface de 100 mètres. "Le but est d'activer les chenaux de navigation du fleuve, autrefois une route commerciale coloniale très active", explique le responsable du projet, Joshua Arugege.
A l'occasion du coup d'envoi des travaux, le président nigérian Umaru Yar'Adua, qui s'était rendu à Lokoja, avait estimé que "cet aménagement allait garantir une navigabilité toute l'année". Cela va permettre le transport de marchandises à un moindre coût et "favoriser (...) le commerce entre les communautés (...) des huit États riverains du fleuve", avait-il estimé.
Le coût de ces travaux financés intégralement par le gouvernement fédéral s'élève à 36 milliards de nairas (163 millions d'euros, soit 106,9 milliards Fcfa). Les populations riveraines, dont les craintes ont été relayées par des défenseurs de l'environnement, se sont opposées au dragage, craignant notamment que les travaux ne les empêchent d'utiliser le fleuve, pour la pêche par exemple. Ou que toute la vase extraite soit entreposée d'une manière qui les gênerait. Les militants écologistes ont obtenu qu'une évaluation de l'impact environnemental soit réalisée avant le début des travaux.
D'après un porte-parole de l'agence gouvernementale chargée de superviser le projet, la National Inland Waterways Authority (NIWA), les villageois ont été sensibilisés aux effets bénéfiques d'une telle opération avant qu'elle ne démarre.
"Le dragage va réduire les inondations des terres cultivées près du fleuve", a expliqué Suleman Makama, et il permettra aussi un meilleur approvisionnement des centrales hydroélectriques, a-t-il ajouté.
Le principal barrage hydroélectrique du Nigeria, celui de Kainji (ouest), alimenté par le fleuve Niger, a vu sa capacité réduite à 350 mégawatts en raison des quantités trop importantes de limons, alors que sa capacité maximale s'élève à 760 mégawatts.
Source A.F.P



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