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«Cellule de Hambourg» : el-Mottassadeq sera rejugé (Le Figaro 05/03/2004)
TERRORISME Il était le seul condamné pour les attentats du 11 septembre 2001.
Les procès de la «cellule de Hambourg», terreau des kamikazes du 11 septembre, ont pris une tournure rocambolesque. Après l'acquittement le 5 février dernier d'Abdelghani Mzoudi, la cour suprême fédérale de Karlsruhe a invalidé hier le jugement du Haut Tribunal de Hambourg qui avait condamné Mounir el-Mottassadeq à 15 ans de prison pour complicité dans l'assassinat de plus de 3 000 personnes le 11 septembre 2001 et participation à une association terroriste.
L'étudiant âgé de 29 ans, arrêté en novembre 2001, doit donc à nouveau comparaître devant le Haut Tribunal. Un camouflet infligé au gouvernement Schröder qui avait alors qualifié le verdict de «victoire du droit». Les avocats avaient réclamé une révision du jugement, fustigeant un procès inéquitable en l'absence du témoignage de l'une des chevilles ouvrières de la cellule de Hambourg, Ramzi Bin al-Shaiba, emprisonné par les Américains. Les juges de Karlsruhe ont donné raison aux avocats, soulignant que la cour de Hambourg n'avait pas suffisamment pris en compte l'importance de l'absence du témoignage de Bin al-Shaiba. Mottassadeq reste néanmoins à leurs yeux «extrêmement suspect».
Tout comme Mouzdi, el-Mottassadeq avait été inculpé en tant qu'auxiliaire des auteurs des attentats du 11 septembre. Arrivé en 1993 en Allemagne, le Marocain étudie l'électronique à Hambourg à partir de 1995. C'est là qu'il fait la connaissance de Mohammed Atta, organisateur des attentats du 11 septembre. Tout comme Mouzdi, il rend de menus services à la cellule de Hambourg, en gérant le compte en banque de Marwan al-Shehhi, le deuxième des trois kamikazes de Hambourg, dont l'avion s'est écrasé sur la tour sud du World Trade Center. Autre indice accablant, un séjour en Afghanistan, qu'il aurait effectué selon ses propres aveux de mai à août 2000.
Mais l'accusation va surtout s'appuyer sur la confidence que el-Mottassadeq aurait faite début 2001 à une amie qui va précipiter sa condamnation : «Ils veulent faire à nouveau quelque chose, et ce sera quelque chose de plus grand.» L'apparition de nouveaux éléments lors du procès de Mouzdi ouvert en août 2003 va marquer un tournant. Tout commence par une interview du patron de l'office de protection de la Constitution, Heiner Fromm, qui explique que les attentats ont été préparés à Kaboul et non pas à Hamburg. Dans son édition du 28 octobre, l'hebdomadaire Der Spiegel enfonce un peu plus la brèche en affirmant que Mouzdi et Mottassadeq ne pouvaient pas avoir pris connaissance des visées terroristes à une époque aussi précoce que le prétend la version de l'accusation.
La police fédérale intervient également, à son tour, par un fax envoyé au tribunal, dans lequel elle fait état des propos d'un informateur, citant les quatre noms des seules personnes ayant eu connaissance des projets d'attaques terroristes. Mouzdi et Mottassadeq ne font pas partie de cette liste. Résultat, Mouzdi est acquitté le 5 février dernier et el-Mottasadeq doit être rejugé. Le tribunal de Hambourg doit statuer dans une à deux semaines sur son éventuelle remise en liberté.
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