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Sahara: aucune des parties ne souhaite une solution rapide au conflit (presse) (AFP 16/03/2002)
Aucune des parties impliquées dans l'affaire du Sahara occidental ne souhaite "précipiter" une issue à ce conflit vieux de plus d'un quart de siècle, a estimé samedi l'hebdomadaire marocain Tel Quel (indépendant).
"Chacune des parties (Maroc, Algérie et Front Polisario) a des raisons pour ne pas précipiter une issue à la crise", écrit Tel Quel dans un article intitulé: "Et si le statu quo arrangeait tout le monde?".
Le Sahara, pour le roi Mohammed VI du Maroc, ce n'est pas uniquement le territoire, "mais aussi un gage de cohésion politique", estime le journal.
Les Marocains, qui ont "consenti trop de sacrifices", se sentiraient "bernés et floués" si les autorités marocaines parvenaient à "une solution non honorable, comme la partition", affirme Tel Quel.
Le partage du territoire a été évoqué, parmi d'autres options, par le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan dans un récent rapport au Conseil de sécurité. Rabat a rejeté vigoureusement l'idée du partage qu'il a attribuée à l'Algérie.
Le souverain marocain devrait également "trouver des solutions viables pour gérer une armée pléthorique" au Sahara, estimée à 160.000 soldats, souligne l'hebdomadaire.
Pour "le pouvoir militaire algérien", l'affaire du Sahara constitue une "carte" qu'il utilise dans une "sourde lutte entre les deux pays voisins pour le leadership maghrébin". Et, "ne serait-ce que pour ne pas perdre la face devant les Marocains, jamais les Algériens, formellement, ne laisseront tomber le Polisario", assure le journal.
Le Front Polisario, qui réclame l'indépendance du territoire, ne peut être satisfait par le "plan Baker" - qui préconise une large autonomie du Sahara occidental sous la souveraineté du Maroc -, affirme le journal.
"L'on voit mal Mohamed Abdelaziz - le chef du Polisario - préfet d'El Ayoun, faisant son allégeance annuelle au roi du Maroc", ajoute-t-il.
D'autre part, ce plan "arrangerait trop le royaume pour que l'armée algérienne l'accepte", juge l'hebdomadaire.
L'ONU, enfin, "a cultivé une neutralité qui confine à la paralysie, sous la pression de Rabat, d'Alger et d'organisations humanitaires comme le Haut commissariat aux réfugiés ou la Croix rouge", estime l'hebdomadaire.
"L'affaire du Sahara, c'est comme un tango", conclut Tel Quel. "A chaque fois qu'elle avance d'un pas, elle recule de deux".
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AFP
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